Lois canadiennes sur la vie privée et l’IA

LIAD (projet de loi C-27)

Loi sur l'intelligence artificielle et les données (LIAD), partie 3 du projet de loi C-27, morte au Feuilleton en janvier 2025

Le projet de loi canadien sur l'IA est mort à la prorogation du Parlement en janvier 2025, et aucune loi sur l'IA ne l'a remplacé depuis. Ce que la LIAD aurait exigé, ce qui encadre réellement l'usage de l'IA au Canada aujourd'hui, et ce qu'il faut surveiller.

Canada (fédéral, jamais adoptée)Morte avec le projet de loi C-27 en janvier 2025; aucune loi sur l'IA pour lui succéder en date d'août 2026Vérifié le 2026-08-31

Ce que cela signifie pour l'IA et la protection des données

La LIAD était la tentative canadienne d'une loi nationale sur l'IA : obligations pour les systèmes d'IA à incidence élevée, évaluation et atténuation obligatoires des risques, devoirs de transparence, et un commissaire à l'intelligence artificielle et aux données pour tout appliquer. Elle est morte au Feuilleton à la prorogation du Parlement le 6 janvier 2025, et en date d'août 2026, aucune loi sur l'IA ne lui a succédé. Cela ne signifie pas que l'usage de l'IA au Canada échappe à tout encadrement. La LPRPDE et les lois provinciales sur la vie privée (la Loi 25 du Québec au premier chef) s'appliquent pleinement aux renseignements personnels dans les outils d'IA, le Code de conduite volontaire sur l'IA générative avancée fixe les attentes envers les développeurs, et la Directive sur la prise de décisions automatisée du Conseil du Trésor lie les institutions fédérales. Le gouvernement actuel a signalé qu'il encadrera l'IA par la réforme du droit de la vie privée plutôt que par une loi distincte : le projet de loi C-36, déposé en juin 2026, remplacerait la partie vie privée de la LPRPDE avec des sanctions pouvant atteindre 25 millions de dollars canadiens ou 5 % des recettes globales brutes, selon le montant le plus élevé. Attendre une loi canadienne sur l'IA avant de gouverner son usage, c'est attendre une loi qui pourrait ne jamais arriver sous cette forme.

À qui cela s'applique

  • Personne, comme loi contraignante : la LIAD n'est jamais entrée en vigueur
  • Les organisations qui avaient bâti leur feuille de route de conformité autour de la LIAD et doivent savoir ce qui la remplace
  • Les organisations canadiennes assujetties à ce qui encadre réellement l'usage de l'IA aujourd'hui : LPRPDE, lois provinciales sur la vie privée et règles sectorielles
  • Les institutions fédérales liées par la Directive sur la prise de décisions automatisée du Conseil du Trésor
  • Les développeurs et exploitants d'IA qui surveillent une éventuelle loi de remplacement

Application et sanctions

Les sanctions proposées par la LIAD ne sont jamais entrées en vigueur : le projet prévoyait des sanctions administratives pécuniaires, des amendes pour infractions réglementaires jusqu'à 10 millions de dollars canadiens ou 3 % des recettes globales, et jusqu'à 25 millions de dollars canadiens ou 5 % des recettes globales pour les infractions les plus graves, selon le montant le plus élevé, avec une responsabilité criminelle pour les conduites téméraires ou frauduleuses en matière d'IA. Rien de tout cela n'est devenu loi. Aujourd'hui, l'application qui atteint réellement le mauvais usage de données personnelles par l'IA au Canada vient du droit de la vie privée : le CPVP sous la LPRPDE (sanctions directes limitées), la CAI du Québec sous la Loi 25 (amendes jusqu'à 25 millions de dollars canadiens ou 4 % du chiffre d'affaires mondial) et les régulateurs provinciaux de l'Alberta et de la Colombie-Britannique. Le projet de loi C-36, la réforme de juin 2026, ajouterait des sanctions fédérales pouvant atteindre 25 millions de dollars canadiens ou 5 % des recettes globales brutes.

Dispositions clés pour l'IA et la protection des données

LIAD, art. 7 à 9 (tels que rédigés, jamais adoptés)

Ce que la LIAD aurait exigé : des systèmes à incidence élevée évalués et atténués

Le projet obligeait quiconque est responsable d'un système d'IA à incidence élevée à évaluer si le système était à incidence élevée, à établir des mesures pour cerner, évaluer et atténuer les risques de préjudice et de résultats biaisés, et à surveiller l'efficacité de ces mesures. Des catégories de systèmes à incidence élevée (présélection en emploi, admissibilité à des services, biométrie, modération de contenu, santé) avaient été esquissées par amendement avant la mort du projet.

Bien que jamais adoptées, ces dispositions restent le signal le plus clair de ce qu'une future loi canadienne sur l'IA exigera vraisemblablement : savoir lesquels de vos usages de l'IA peuvent toucher les droits et les possibilités des personnes, documenter les risques et mettre l'atténuation en place. Les organisations qui bâtissent dès maintenant cet inventaire et cette discipline de contrôle sont prémunies, quel que soit le véhicule législatif qui portera un jour ces obligations.

LIAD, art. 11 (tel que rédigé, jamais adopté)

Ce que la LIAD aurait exigé : une transparence en langage clair

Les personnes qui rendent disponibles des systèmes à incidence élevée, ou qui en gèrent l'exploitation, auraient dû publier des descriptions en langage clair du système : son utilisation, les types de contenu qu'il génère et de décisions qu'il prend, et les mesures d'atténuation en place. Un commissaire à l'intelligence artificielle et aux données, au sein d'ISDE, aurait administré et appliqué la loi.

Ce devoir de transparence annonçait une norme qui existe déjà ailleurs (le règlement européen sur l'IA, l'article 12.1 du Québec) et que les clients d'entreprise exigent de plus en plus dans les appels d'offres, loi ou pas. Pouvoir décrire, en langage clair, où l'IA est utilisée dans votre organisation et quelles données elle touche est aujourd'hui le minimum attendu dans les questionnaires de diligence.

LPRPDE et lois provinciales sur la vie privée (en vigueur maintenant)

Ce qui encadre maintenant : le droit de la vie privée s'applique pleinement à l'IA

Avec la disparition de la LIAD, les renseignements personnels dans les outils d'IA sont régis par les lois qui n'ont jamais disparu : la LPRPDE au fédéral, la Loi 25 du Québec et les lois PIPA de l'Alberta et de la Colombie-Britannique. Les principes conjoints de décembre 2023 des régulateurs sur l'IA générative précisent comment le droit existant s'applique aux requêtes et aux données d'entraînement.

Le véritable cadre applicable aux organisations canadiennes aujourd'hui est le droit de la vie privée : les requêtes d'employés contenant des renseignements personnels sont des utilisations et des communications qui exigent une autorité légale, une analyse de consentement et des mesures de sécurité. La lacune que la LIAD aurait comblée (des devoirs propres à l'IA en matière de risque et de transparence) ne suspend pas les règles qui existent déjà. IBM constatait en 2025 que 63 % des organisations n'ont aucune politique de gouvernance de l'IA, une lacune qu'aucune prorogation n'excuse.

Code de conduite volontaire sur l'IA générative avancée (septembre 2023, en application)

Ce qui encadre maintenant : le code volontaire pour les développeurs et gestionnaires d'IA générative

Le code volontaire d'ISDE engage les signataires qui développent ou gèrent des systèmes d'IA générative avancés envers la responsabilisation, la sécurité, la justice et l'équité, la transparence, la surveillance humaine, ainsi que la validité et la robustesse, en attendant une réglementation contraignante. De grandes entreprises et institutions canadiennes de l'IA l'ont signé.

Pour la plupart des organisations, le code compte comme signal de marché plutôt que comme obligation : il définit ce à quoi ressemble une pratique responsable au Canada et apparaît dans la diligence des fournisseurs. Si vos fournisseurs d'IA ne l'ont pas signé ou ne peuvent décrire des mesures équivalentes, c'est une donnée pour l'évaluation des risques que le droit de la vie privée exige déjà de vous.

Directive du Conseil du Trésor sur la prise de décisions automatisée (en vigueur pour les institutions fédérales)

Ce qui encadre maintenant : des règles contraignantes pour l'IA du gouvernement fédéral

La Directive sur la prise de décisions automatisée oblige les institutions fédérales qui utilisent des systèmes décisionnels automatisés à réaliser une évaluation de l'incidence algorithmique, à fournir des avis et des explications, à assurer une intervention humaine proportionnelle au niveau d'incidence et à tester les biais. Elle est en vigueur depuis 2019 et est périodiquement mise à jour.

La directive lie les institutions fédérales, pas les entreprises privées, mais c'est le régime opérationnel de gouvernance de l'IA le plus développé au Canada et un modèle vers lequel régulateurs et tribunaux se tourneront. Ses gestes centraux, l'évaluation d'incidence avant le déploiement, la surveillance humaine par paliers et les tests documentés, sont les mêmes que la LIAD aurait imposés et les mêmes qu'un programme défendable du secteur privé exige.

Étapes pratiques de conformité

  1. 1Cesser d'attendre une loi canadienne sur l'IA : gouverner l'usage de l'IA sous les lois sur la vie privée en vigueur, la LPRPDE et les lois provinciales
  2. 2Inventorier où l'IA est utilisée dans l'organisation, y compris les outils non approuvés dans le navigateur, et quels usages pourraient être à incidence élevée selon des critères de type LIAD
  3. 3Appliquer les principes de décembre 2023 des régulateurs sur l'IA générative : établir l'autorité légale avant que des renseignements personnels n'entrent dans les requêtes, et limiter ce qui y entre
  4. 4Mettre un contrôle technique au point d'entrée qui caviarde les données personnelles et confidentielles dans les requêtes, puisque les mesures de sécurité du droit de la vie privée s'appliquent dès aujourd'hui, avec ou sans loi sur l'IA
  5. 5Vérifier les fournisseurs d'IA par rapport au Code de conduite volontaire et documenter l'évaluation dans les dossiers d'approvisionnement
  6. 6Si vous êtes une institution fédérale ou la servez, vous aligner sur la Directive sur la prise de décisions automatisée, y compris les évaluations de l'incidence algorithmique
  7. 7Suivre le projet de loi C-36 et les projets provinciaux à chaque session, et désigner un responsable pour réévaluer les obligations quand une loi de remplacement avancera

Comment Sanitized AI y répond

Repérage des risques de type LIAD (art. 7 à 9 tels que rédigés)

La visibilité administrative sur les outils d'IA que les employés utilisent réellement, et sur les catégories de données sensibles interceptées dans les requêtes, constitue l'inventaire par lequel toute évaluation de risque d'une loi successeure commencera.

Mesures de sécurité du droit en vigueur (LPRPDE, Loi 25)

Les renseignements personnels dans les requêtes sont interceptés et caviardés avant l'envoi, soit la mesure de sécurité au point d'entrée que le droit actuel exige déjà pendant que la législation propre à l'IA se fait attendre.

Attentes de transparence et de responsabilisation

Les rapports d'usage et d'interception permettent à une organisation de décrire, preuves à l'appui, où l'IA est utilisée et quelles données elle touche, le compte rendu en langage clair que la LIAD aurait imposé et que les questionnaires de diligence exigent déjà.

Questions fréquentes

La LIAD deviendra-t-elle encore loi au Canada?

Pas sous sa forme originale. La LIAD est morte avec le projet de loi C-27 à la prorogation du Parlement le 6 janvier 2025, et en date d'août 2026, aucune loi sur l'IA ne lui a succédé. Le gouvernement actuel a signalé qu'il préfère encadrer l'IA par la réforme du droit de la vie privée, notamment le projet de loi C-36 déposé en juin 2026, plutôt que par une loi distincte. Un futur projet de loi propre à l'IA demeure possible, mais aucun n'est sur la table.

Qu'est-il arrivé au projet de loi C-27?

Le projet de loi C-27 regroupait trois lois : la Loi sur la protection de la vie privée des consommateurs, la Loi sur le Tribunal de la protection des renseignements personnels et des données, et la LIAD. Il avait franchi la deuxième lecture et était à l'étude en comité quand le Parlement a été prorogé en janvier 2025, ce qui a effacé le Feuilleton et tué le projet. Ses réformes de la vie privée ont été relancées sous une autre forme dans le projet de loi C-36 en juin 2026; sa loi sur l'IA ne l'a pas été.

Quelle loi encadre l'usage de l'IA au Canada en ce moment?

Il n'existe pas de loi fédérale complète sur l'IA. Les renseignements personnels dans les outils d'IA sont régis par la LPRPDE et les lois provinciales sur la vie privée, la Loi 25 du Québec étant la plus stricte, avec sa règle de transparence des décisions automatisées. Les institutions fédérales sont liées par la Directive sur la prise de décisions automatisée, les développeurs d'IA générative peuvent signer le Code de conduite volontaire, et les régulateurs sectoriels (finance, santé, valeurs mobilières) appliquent leurs règles existantes à l'IA.

Qu'aurait exigé la LIAD pour les systèmes d'IA à incidence élevée?

Tel que rédigé, le projet aurait obligé les responsables de systèmes à incidence élevée à évaluer l'incidence du système, à établir et surveiller des mesures d'atténuation contre les préjudices et les résultats biaisés, à publier des descriptions en langage clair du système et à aviser le ministre des préjudices importants. Les amendes auraient atteint 25 millions de dollars canadiens ou 5 % des recettes globales pour les infractions les plus graves, selon le montant le plus élevé, sous l'autorité d'un commissaire à l'intelligence artificielle et aux données.

Le Code de conduite volontaire du Canada sur l'IA générative s'applique-t-il à mon entreprise?

Seulement si vous le signez, et il vise les développeurs et gestionnaires de systèmes d'IA générative avancés plutôt que les utilisateurs d'affaires ordinaires. Sa pertinence pratique pour la plupart des organisations est celle d'un point de référence : il décrit ce qu'est une pratique responsable de l'IA générative au Canada et constitue une liste de vérification raisonnable pour évaluer les fournisseurs d'IA en l'absence de loi contraignante.

Devrions-nous attendre une nouvelle loi canadienne sur l'IA avant d'établir nos politiques d'IA?

Non. Le droit de la vie privée s'applique déjà à chaque requête contenant des renseignements personnels, le Québec impose déjà des amendes jusqu'à 25 millions de dollars canadiens ou 4 % du chiffre d'affaires mondial, et l'exposition est actuelle : IBM constatait en 2025 que l'implication de l'IA fantôme ajoutait en moyenne 670 000 $ US au coût d'une brèche et que 97 % des organisations ayant subi une brèche liée à l'IA manquaient de contrôles d'accès adéquats à l'IA. Les organisations qui auront gouverné l'IA sous le droit existant seront aussi celles prêtes quand la loi successeure arrivera.

Sources primaires

Ce guide résume les sources primaires citées à la date de vérification. Il s'agit d'information générale, pas d'un avis juridique.

La faille de chaque cadre, c'est la zone de saisie.

Sanitized AI intercepte les données sensibles dans les requêtes avant leur envoi et montre aux administrateurs quels outils d'IA sont réellement utilisés.

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